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Fédération d'Indre et Loire de la Libre Pensée

Pour la Réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple de la Guerre de 1914-1918

15 Juillet 2017, 11:46am

Publié par Fédération de la Libre Pensée d'Indre et Loire

–  Souscrivez pour l’érection

du monument en hommage aux Fusillés  –

à Maizy, Angers, Marseille, La Courtine, Béziers, Franchesse, pour le centenaire de l’année 1917, en mai et juin de cette année, pacifistes et internationalistes se sont rassemblés par centaines à l’appel de la Libre Pensée pour rendre hommage aux mutins français et russes, aux réfractaires, aux Fusillés pour l’exemple.

 

Depuis trois ans, dans les commémorations de la Grande Guerre, la question de la réhabilitation des Fusillés pour l’exemple a été posée avec de plus en plus d’insistance, en dépit du refus de l’État. De nombreuses municipalités rendent hommage aux soldats fusillés natifs de leur commune, demandent leur réhabilitation, apposent des plaques, élèvent des stèles.

 

Pour les descendants de ces soldats fusillés par la France, pour leurs familles qui ont subi l’opprobre pendant des décennies, pour tous les citoyens, l’intégration de la question des Fusillés au sein du Musée de l’Armée est un nouveau déni de justice : généraux fusilleurs et leurs victimes dans le même musée !

 

Seuls 40 des 639 fusillés pour l’exemple ont été réhabilités. Condamnés et fusillés « au nom du peuple français », ils doivent être tous réhabilités « au nom du peuple français ».

 

Outre les sommets de l’État,

qui continue à s’opposer à cette exigence de Justice ?

 

è En avril dernier, le Secrétaire d’État aux anciens combattants a repris un vieil argument contre la réhabilitation collective qui « risquait de permettre la réhabilitation de fusillés pour des motifs de droit commun ou d’espionnage (…) » Mais ce sont ses propres services qui en 2014 ont distingué les différents motifs des exécutions, et ont retenu 639 fusillés « pour désobéissance militaire » !

 

Colloque de Soissons des 9 et 10 juin sur les mutineries de 1917

 

è La Société historique de Soissons a organisé un colloque les 9 et 10 juin : c’était, dans le cadre officiel du « Centenaire », la seule commémoration consacrée aux mutineries de 1917. Encore qu’il s’agissait des mutineries dans les autres armées que celle de la France, cela pour éviter des « polémiques » selon son Président, Denis Rolland.

 

Tirant les conclusions de ce colloque, Denis Rolland estime que le sujet des mutineries est « dédramatisé », qu’il « ne fait plus polémique ». Avec la mise en ligne des dossiers de tous les fusillés, il y a « moins de fantasmes ». Bref, « les faits sont les faits », plus la peine d’y revenir, on ne juge pas l’Histoire, fin de l’Histoire…

 

La Libre Pensée était invitée à ce colloque. Non seulement son intervention [« 100 ans après, une mémoire toujours à vif »], mais plusieurs contributions ont montré que les questions des mutineries, des Fusillés pour l’exemple, de leur réhabilitation, sont toujours d’actualité, sont toujours un enjeu historique et politique.

 

Les Fusillés pour l’exemple : des « bavures » selon Denis Rolland !

 

Il est vrai que Denis Rolland, auteur de « La grève des tranchées » consacré aux mutineries de 1917, a toujours combattu l’idée de réhabilitation. Interrogé par le journal l’Union le 30 mai dernier, il n’hésite pas à prétendre que : « On dit que la cause des mutineries est l’offensive du 16 avril mais c’est faux … ». « On appelle les “fusillés pour l’exemple” ceux qui l’ont été abusivement en 1914-1915, où il y a eu des bavures. Il n’y a plus de fusillés pour l’exemple en 1917 ».

 

Des « bavures », les 639 fusillés pour l’exemple de la Grande Guerre ! De qui se moque Denis Rolland ? « Bavures », l’exécution des six martyrs de Vingré, l’exécution de Bersot, de Leymarie, de Maupas, de Chapelan, des caporaux de Souain, de Flirey, …

 

Ne sont-ils pas les victimes du recours en masse aux exécutions pour l’exemple par le commandement militaire pour terroriser les soldats ? Dès le 21 août 1914, Joffre téléphone au ministre : (…) « J’ai fait replier le 15e corps qui n’a pas tenu sous le feu et qui a été la cause de l’échec de notre offensive : j’y fais fonctionner ferme les conseils de guerre. »

 

Quant aux soldats révoltés en 1917, ils sont bien morts pour l’exemple, tous les historiens le savent, tous les procès le montrent. Un cas parmi d’autres : le 7 juin 1017, Pétain prend soin d’écrire à Painlevé « je demande exécution d’urgence de Brunet et Bruat pour exemple indispensable en raison entente avec hommes régiments voisins ».

 

Réhabiliter les généraux fusilleurs

ou les soldats Fusillés pour l’exemple ?

 

Nier que l’échec de l’offensive catastrophique de Nivelle le 16 avril soit la cause immédiate des mutineries – à l’encontre des conclusions de  la plupart des historiens – n’a qu’un but, celui de réhabiliter le général Nivelle. C’est exactement ce que tente de faire Denis Rolland à travers les 350 pages de son ouvrage « Nivelle, l’inconnu du chemin des Dames », et notamment lorsqu’il conclut : « Contester le rôle de Nivelle ou des autres généraux conduirait immanquablement à soulever la question de l’utilité de cette guerre, ce qui reviendrait à dire que des centaines de milliers d’hommes seraient morts pour rien. »

Oui nous contestons l’utilité de cette guerre. Oui, cette guerre fut une boucherie pour saigner les peuples. Comme dit Anatole France : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels. »

 

Pour la Libre Pensée, il ne s’agit pas de réhabiliter les généraux fusilleurs, mais les Fusillés pour l’exemple. Pour la Libre Pensée il s’agit de répondre à l’appel des familles qui veulent qu’on rende leur honneur aux soldats fusillés PAR la France

 

Face au refus des autorités, la Libre Pensée a décidé d’ériger un monument en leur hommage, sur la ligne de front. La Libre Pensée appelle tous les citoyens à souscrire pour ce monument.

 

–  Souscrivez pour l’érection du monument en hommage aux Fusillés  –

Chèque à l’ordre de : A.E.M.H.F.E. (association pour l’érection d’un monument en hommage aux Fusillés pour l’exemple°

à envoyer à : Nicole Aurigny – AEMHFE – 49 rue Quentin Barré 02100 Saint-Quentin

 

 

Paris, le 14 juillet 2017