Retrait du projet de loi sur le « Séparatisme » !
L’Observatoire de la laïcité vient de publier son enquête d’opinion annuelle pour 2021 relative à létat des lieux de la laïcité en France .

Relevons parmi les principaux constats :

  • Plus de 7 Français sur 10 se déclarent attachés à la laïcité telle que définie par le droit.
  • Une tendance positive concernant l’application de la laïcité par les institutions apparaît en 2020 : 21 % des Français estiment que la laïcité est bien appliquée et 41 % qu’elle est plus ou moins bien appliquée. Dans un contexte de crise sanitaire éprouvant pour le personnel soignant, 63 % des Français estiment que l’hôpital public applique bien la laïcité. 53 % estiment que le service public en général applique correctement ce principe.
  • Une majorité de Français considère qu’on ne parle de la laïcité « qu’à travers la polémique » et pour plus de 6 Français sur 10 « les personnalités politiques instrumentalisent la laïcité ».
  • Un changement de la loi de 1905 dans ses principes essentiels n’est toujours pas attendu par l’opinion, estimant majoritairement qu’elle reste adaptée.

Réprimer, réprimer encore, réprimer toujours !

Le projet de loi sur le « Séparatisme », pour « conforter les principes républicains », n’a en réalité qu’un seul objectif, et cela ne trompe personne : renforcer l’arsenal répressif dans la foulée de la loi Sécurité globale et de l’instauration de l’état d’urgence permanent.

Le Président Macron et son gouvernement, leurs serviteurs fébriles à la suite (et même devant !), vont radicalement à l’encontre de l’opinion majoritaire dans le pays et préfèrent se faire l’écho de positions et de productions alarmistes et xénophobes, tel le rapport Obin.

Pourtant, la force de la loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905 est toujours d’une actualité saisissante et c’est en cela qu’elle est et restera une loi de liberté essentielle à la continuité et à la survie de la République, de la liberté de conscience. A défaut de pouvoir l’abroger, ils la contournent pour mieux l’étouffer.

Ils reviennent à l’Ordre ancien pour vider de leur sève émancipatrice les grandes lois de 1901 (liberté d’association) et de 1905 (Séparation des Eglises et de l’Etat) qui sont autant d’avancées vers la République sociale.

Elles ont pourtant démontré depuis plus d’un siècle qu’elles favorisaient une harmonie sociale jamais vue.

Personne (ou presque) ne veut de ce texte liberticide !

Ce que nous avons écrit précédemment se confirme : « La Libre Pensée constate que quasiment personne ne veut de ce texte, ni les associations laïques historiques (Libre Pensée, Ligue de l’Enseignement, Ligue des Droits de l’Homme), ni les associations de défense des Droits de l’Homme et de lutte contre le racisme, ni les syndicats ouvriers, ni même les cultes qui se méfient, avec raison, des mesures répressives et des contrôles accrus. La plupart des Obédiences maçonniques sont aussi plus ou moins en opposition. [Il ne reste que] les domestiques du pouvoir, les tard-venus, les intéressés qui espèrent un petit quelque chose en échange de leur soumission. » (Communiqué du 7 janvier)

Pour que la laïcité rassemble tant en théorie que dans la pratique, il faut aller à contre-courant de cette politique qui « l’instrumentalise » et la dénature.

La Libre Pensée alerte toutes celles et ceux qui sont « attachés à la laïcité telle que définie par le droit » : stigmatiser un pan de la population (aujourd’hui les musulmans ou « soupçonnés » tels en raison de leur origine), comme cela s’est déjà produit dans le passé, renforcer l’arsenal répressif pour surveiller et contraindre, tout cela porte atteinte très gravement à la liberté de chacun et de tous, renvoie aux périodes les plus sombres de l’Histoire.

L’esprit du projet de loi sur le « Séparatisme » cache en réalité, derrière l’affichage de vouloir « conforter les principes républicains », une réelle « pensée d’asservissement ».

Répétons-le :

De la même manière qu’elle demande le retrait de la proposition de loi « Sécurité globale », la Libre Pensée demande le retrait du projet de loi sur le « Séparatisme  ».

Paris, le 8 février 2021