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Fédération d'Indre et Loire de la Libre Pensée

AUCUNE SUBVENTION PUBLIQUE DIRECTE OU INDIRECTE POUR LA COMMUNAUTE CATHOLIQUE DE L’EMMANUEL !

8 Juin 2024, 07:38am

Publié par Fédération de la Libre Pensée d'Indre et Loire

AUCUNE SUBVENTION PUBLIQUE DIRECTE OU INDIRECTE POUR LA COMMUNAUTE CATHOLIQUE DE L’EMMANUEL !

NON AU FINANCEMENT PUBLIC DIRECT OU INDIRECT D’UN CULTE !

RESPECT DE LA LOI  DU 9 DECEMBRE 1905 DE SEPARATION DES EGLISES ET DE L’ETAT !

La « communauté de l’Emmanuel » (catholique) et « Terre de Promesse » (chantier d’insertion professionnelle) et… les subventions publiques de l’Etat (département…)

AUCUNE SUBVENTION PUBLIQUE DIRECTE OU INDIRECTE POUR LA COMMUNAUTE CATHOLIQUE DE L’EMMANUEL !

La Libre pensée interpelle la présidente du Conseil départemental, le Préfet et demande une audience.

Les citoyens ont le droit de savoir (notamment le montant de ces fonds publics versés à une communauté religieuse).

La Libre Pensée s’adresse à tous les laïques pour qu’il soit mis fin à ce financement public d’une communauté religieuse.

Rappel : en 2022, la communauté catholique « l’Emmanuel » a fait l’actualité, notamment à l’Île-Bouchard avec son projet de construire un ensemble d’habitations destinées (voire réservées) aux chrétiens (ce qui ne manquait pas de sel en plein débat sur le séparatisme pourfendu par Macron). De tels projets avaient été initiés dans plusieurs localités de France.

La Libre Pensée avait pris position immédiatement et avait été à l’origine d’une déclaration de plusieurs associations laïques et démocratiques.

***

La presse locale, la Nouvelle République du 25 mai publie une page entière sur Terre de Promesse, chantier d’insertion professionnelle. Malgré toutes les dénégations, il est clair qu’il s’agit d’une création de la communauté catholique de l’Emmanuel à l’Île-Bouchard. Le responsable ne cache pas ses convictions religieuses, c’est son droit. Mais qu’il ne vienne pas dire qu’il n’y a aucun prosélytisme dans cette affaire.

QUEL EST LE PROBLEME DE FOND ?

 

Cette structure perçoit (selon la presse) des subventions publiques de l’Etat.

Ce chantier accueille 12 salariés (avec un contrat renouvelable pour 2 ans, avec 24 heures de travail par semaine).

Terre de Promesse cultive sur 3 hectares et possède 1 000 m² de serres. La production est écoulée dans 15 points de vente. Comme toute entreprise commerciale, elle doit se financer elle-même. Par ailleurs, les producteurs locaux estiment qu’il s’agit d’une concurrence déloyale.

Pour quelles raisons la communauté de l’Emmanuel perçoit-elle pour son organisation Terre de promesse (qui n’est ni neutre, ni indépendante) des fonds publics ?

Ce n’est pas l’amour du prochain, ni l’altruisme qui guide la communauté catholique de l’Emmanuel. Mais avec Terre de Promesse et l’insertion, elle a bien compris que par ce biais elle pouvait recevoir des fonds publics !

 

Ces financements publics qui sont une subvention indirecte doivent cesser !

Pas de financement public d’un culte sous quelque forme que ce soit !

Le Conseil départemental et la Préfecture doivent répondre et s’expliquer !

 

La Libre Pensée d’Indre-et-Loire s’adresse à toutes les associations laïques et démocratiques à l’Île-Bouchard et dans tout le département pour exiger ensemble :

AUCUNE SUBVENTION PUBLIQUE DIRECTE OU INDIRECTE POUR LA COMMUNAUTE CATHOLIQUE DE L’EMMANUEL !

 

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Je suis d’accord avec cette exigence

Nom, prénom et e-mail :

 

A retourner à : Libre Pensée 37 chez M. JOUANNET, 12 rie André Gide, 37300 Joué-lès-Tours

A Tours, le 5/06/2024                                           

Imp.spéciale

Abus de pouvoir et de conscience

Un dossier du quotidien La Nouvelle République, paru le 12 février 2022, révèle que des associations de victimes ont été sollicitées au sujet de la communauté de l'Emmanuel. L’Aide aux victimes des dérives de mouvements religieux en Europe et à leurs familles (Avref) a ainsi recueilli les témoignages de plusieurs personnes qui font état d'« abus spirituels » et de ruptures avec le milieu familial. L'association a alerté à ce sujet la Conférence des évêques de France. Interrogée par le quotidien, la Miviludes dit avoir reçu depuis 2020 quatre demandes d’avis sur la Communauté de l’Emmanuel. La Mission ministérielle affirme qu' « à ce jour, aucun élément ne permet de conclure à l’existence de dérives sectaires, mais [qu'elle] reste vigilante »37. En mai 2022, la Commission de prévention et de lutte contre les abus (CPLA), mise en place par la communauté de l'Emmanuel en avril 2019, rend publics les résultats de son deuxième exercice, qui couvre l’année 202138. Elle dénombre 14 alertes pour abus de pouvoir et de conscience, toutes sur des personnes majeures, parmi lesquelles 12 mettent en cause des membres de la communauté, dont huit laïcs39.

Abus sexuels

En octobre 2017, Bernard Peyrous, prêtre de la communauté, ancien recteur du sanctuaire de Paray-le-Monial et postulateur de la cause en béatification de Marthe Robin, est suspendu de ses fonctions par Jean-Pierre Ricard, cardinal-archevêque de Bordeaux, « à la suite de gestes gravement inappropriés […] vis-à-vis d’une femme majeure » que Bernard Peyrous a reconnus46. L'information est annoncée par un communiqué de la communauté de l'Emmanuel47. Trois autres signalements pour des faits de moindre gravité remontent auprès de la communauté. Aucune enquête canonique n'est engagée par Jean-Pierre Ricard48. La jeune femme concernée ne porte pas plainte49. Il est affecté en septembre 2018 dans une paroisse du diocèse de Toulouse50. Une première plainte est déposée contre lui en 2022. Après une enquête au cours de laquelle plusieurs femmes sont interrogées, il est placé en garde à vue et mis en examen en avril 2024 pour « viols aggravés » sur deux femmes consacrées membres de la communauté, et « agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction » sur une troisième. Les faits se seraient produits entre 2008 et 2017, notamment à Paray-le-Monial, dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et à Bordeaux49,51. L'avocat du prêtre affirme que les relations étaient consenties et sans caractère sexuel52,53.

En décembre 2019, Benoît Moulay, prêtre de la communauté en charge d'une paroisse dans le diocèse du Mans, est suspendu par Yves Le Saux, évêque du diocèse, « en raison de son comportement inapproprié vis-à-vis de femmes majeures »54,55. Cette suspension intervient deux semaines après la révélation des premiers faits. Il est alors assigné à résidence à l'abbaye Saint-Wandrille pour une durée56. La justice française classe la procédure sans suite en 202057. À la suite d'une enquête canonique, Benoît Moulay est renvoyé de l'état clérical le pour « des violences sexuelles sur deux femmes majeures et des abus de pouvoir »58. L'ancien prêtre ne fait pas appel de cette décision. Un fil très critique sur cette affaire, publié le 15 janvier 2024 par la journaliste Natalia Trouiller sur Twitter59, donne lieu le lendemain à un communiqué de la part de la communauté de l'Emmanuel qui évoque « des erreurs, des imprécisions et surtout de nombreux amalgames qui donnent une présentation partielle et tronquée de la réalité. Certains propos pourraient relever de la diffamation et de l’atteinte à la présomption d’innocence. »60,61. La journaliste dit avoir recueilli, à la suite de sa publication sur Twitter, d’autres témoignages de violences sexuelles et d'abus de pouvoir, incluant un mariage forcé, au sein de la communauté62. En , le journal Libération publie un article rassemblant l'ensemble des faits connus, notamment les témoignages des deux victimes, le renvoi de l'état clérical, et appuie notamment le récit fait par Natalia Trouiller en janvier 2024 : « les responsables du séminaire de Nantes, où Moulay suivait sa formation, s'étaient opposés à l'unanimité, en 1997, à son ordination. »56. Malgré cette affirmation, Benoît Moulay est ordonné prêtre par Jacques Faivre, nouvellement arrivé au Mans

Vision de l'homosexualité

Selon Anthony Favier, docteur en histoire, ancien président de l'association LGBT chrétienne David & Jonathan, la communauté de l'Emmanuel représente un courant conservateur de l’Église catholique pour lequel « l'attirance vers le même sexe est un désordre développemental qui est à la fois soignable et évitable »63,64. La communauté de l’Emmanuel implante en France en 2015 l’association d'origine américaine Courage65 avec laquelle elle propose le parcours Homosexualité : vivre avec et accompagner aux sessions de Paray-le-Monial entre 2015 et 201766. Le parcours demande explicitement aux participants d’essayer de vivre la continence et la chasteté. Pour l'intervenante Élisabeth Content, « à partir du moment où l’on croit au Christ, on ne peut continuer à vivre dans le péché et être coupé en deux… Mais cette unification ne se fait que petit à petit » 67. Deux enquêtes sur les thérapies de conversion, le livre Dieu est Amour68 et le documentaire Homothérapies, conversion forcée, mentionnent fin 2019 la communauté de l'Emmanuel qui répond par un communiqué n'avoir « jamais eu de parole propre ni de pastorale particulière autre que celles que l’Église peut proposer »66.

Implication dans la « Manif pour tous »

Selon une enquête réalisée par le Monde et reprise par l'Obs, la communauté de l'Emmanuel a activement milité aux côtés de « La Manif pour tous » dans laquelle sont présentes de nombreuses personnalités gravitant autour de la communauté comme « Emmanuel Sapin, qu'on retrouve également dans des colloques hostiles à l'avortement », Tugdual Derville d'Alliance Vita et Frigide Barjot qui participent aux « rencontres de prière » de Paray-le-Monial, ainsi qu'un salarié de la communauté de l'Emmanuel, Jean-Baptiste Maillard, qui a participé à la création du site Homovox, un collectif d'homosexuels opposés au « mariage pour tous »69,70. Selon Bruno Perreau, la communauté de l’Emmanuel a alimenté la résistance à l’ouverture du mariage aux couples homosexuels en France, et cherché à fédérer les réseaux chrétiens sur le sujet71.

Emmanuel Dumont

Le 24 janvier 2024, la communauté de l'Emmanuel et les diocèses de Lyon et de Paris rendent publiques les sanctions visant l'abbé Emmanuel Dumont, ancien exorciste de Lyon et membre de la communauté. Ces sanctions prises le 26 mars 2022 par le diocèse de Paris, dans lequel le prêtre est incardiné, et confirmées le 9 janvier 2024 par le Dicastère pour le clergé comprennent notamment l'interdiction provisoire de mener un accompagnement spirituel individuel, de confesser et de donner des enseignements sur le ministère de guérison ou d’exorcisme. Le communiqué indique, sans les révéler, que les faits sanctionnés ne sont pas de nature sexuelle. Les personnes plaignantes ont été informées de ces sanctions40. La Tribune de Lyon livre le 4 février 2024 le témoignage des deux victimes d'Emmanuel Dumont. L'une dit avoir été de juin 2018 à juillet 2020 sous l'emprise destructrice du prêtre qui l'aurait convaincue, au fil de leurs rencontres mensuelles, qu'elle avait été victime - et coupable - dans son enfance de crimes rituels sataniques à l'origine chez elle d'une possession diabolique. L'autre plaignante témoigne de faits analogues : amenée par une membre de la communauté de l'Emmanuel à rencontrer l'abbé Emmanuel Dumont, ce dernier lui aurait suggéré qu'elle avait été, elle aussi, victime de traumatismes dans son enfance, dans son cas un viol incestueux. Un frère carme aurait également participé aux séances d'exorcisme, secondé par une laïque exerçant la naturopathie41. Un signalement est fait en février 2021 à la cellule d’écoute du diocèse de Lyon par la première plaignante. En avril 2021 une plainte est déposée auprès du procureur de la République de Lyon, mais elle est classée sans suite, les faits ne pouvant ni être caractérisés comme un abus de faiblesse ni prouvés. Dans une lettre de juillet 2022 adressée à la victime du prêtre, l'archevêque de Lyon, Olivier de Germay, reconnaît des « dysfonctionnements [qui] ont conduit à la refondation complète de l’équipe d’exorcisme », « une spiritualisation exagérée pouvant conduire à une culpabilisation inadaptée, et des pratiques pour le moins imprudentes ». En août 2022, Emmanuel Dumont est déplacé, en accord avec la communauté de l’Emmanuel et Laurent Ulrich, archevêque de Paris, à Autun où il est nommé vicaire42. Ce n'est que le 13 décembre 2023, quelques semaines avant le communiqué, que la CPLA avise les deux victimes d'Emmanuel Dumont des sanctions prises contre lui43. S'exprimant le 6 février 2024 dans le Le Dauphiné libéré au sujet du communiqué du 24 janvier, Emmanuel Dumont considère la sanction qui le frappe comme « inique »44. Le , il s'exprime dans Franceinfo, et indique considérer l'enquête comme bâclée car n'ayant pas été informé de cette plainte, et n'ayant pas pu donner sa version des faits. En outre, il révèle que la sanction diocésaine initiale était de 15 ans de restriction d'exercice, que Rome a réduit en appel à trois ans45.